samedi 1 juin 2019

Les Gambiers

Après un peu plus de 10 jours d'une navigation efficace au portant, nous atteignons l'Archipel des Gambier en Polynésie Francaise! le 14 mai au petit matin nous entrons dans le lagon par la passe Sud Est pour rejoindre le petit village de Rikitea sur l'île Mangareva. Finis les mouillages où nous étions seuls au monde, nous sommes ici entourés d'une quinzaine d'autres voiliers venant majoritairement de Panama, les coques plastiques et les catamarans sont plus nombreux mais aussi les voiliers familiaux. Nina et Diane sont ravies de rencontrer des enfants de leur âge. Ce petit archipel isolé et peu touristique compte environ 1500 habitants qui vivent essentiellement de la perliculture, très lucrative. Les plus belles perles de Polynésie y sont récoltées mais entièrement dirigées vers le marché chinois... D'importants vestiges religieux dont l'impressionnante cathédrale Saint Michel, temoignent de la théocratie catholique qui régnait au 19eme siècle  et à laquelle succéda la période des essais nucléaires avec l’installation du CEP ( centre d’expérimentation du pacifique) dans les Tuamotu voisines pendant les  années 1960. Nous profitons des sympathiques randonnées de l'île principale pendant quelques jours, il faut se lever à l'aube pour éviter la chaleur bien que la majorité des sentiers soient ombragés. Mais les Mangaréviens se lèvent tôt avec le chant des coqs, impossible d'acheter une baguette de pain après 6 heures du matin, tout étant déjà vendu! Nous visitons ensuite l'île de Taravai sur laquelle vivent 5 personnes dont Hervé et Valérie qui organisent régulièrement des grands barbecues avec les voiliers tour-du-mondistes qui font escale. Les hommes partent donc à la chasse sous marine le matin tandis que les femmes préparent le reste du repas et que les enfants profitent de la baignade. Damien revient avec deux beaux poissons perroquets, attention aux requins pointes noires attirés par le sang frais. Il est ici important de pêcher avec l'avis des locaux qui connaissent bien les récifs coralliens et nous informent sur le présence ou non de Ciguatera (intoxication alimentaire consécutive à la consommation  de poissons contaminés par une microalgue poussant sur les coraux morts). C'est aussi l'occasion de gouter aux spécialités locales comme l'Ipo, sorte de pain sucré au lait de coco.
Après plusieurs jours de temps idyllique, la météo se gatte et nous revenons mouiller devant Rikitea, le temps de laisser passer la dépression. Perrine et les filles sont rentrées en France en avion avant de retrouver Libertaire et son capitaine à Papeete dans3 semaines.

vendredi 3 mai 2019

Ile de Pâques!

Nous naviguons pendant 14 jours avant d'atteindre l'ile de Pâques, c'est notre plus longue mais aussi plus lente traversée (5.3kts de moyenne sur les 1880 milles parcourus) depuis notre départ de France il y a 2 ans et demi. Hormis quelques oiseaux pélagiques nous ne croisons absolument personne, l’océan Pacifique porte bien son nom et c'est donc tranquillement que Libertaire avance sur l'ample houle tandis que chacun s'occupe à bord. Le temps ne semble pas trop long pour Nina et Diane et nous sommes étonnés qu'elles n'aient jamais demandé quand nous allions arriver. Le mardi 23 avril, la Terre est en vue alors que nous sommes encore à plus de 40 miles de la seule ville de l'ile, Hanga Roa que nous atteignons dans la nuit. L'ile de Pâques, est  une des iles les plus isolée du monde, petit confetti de terre volcanique perdu au milieu du Pacifique et dont l'histoire a fasciné et intrigué des générations d'explorateurs. Les "moais", ces fameux colosses de pierres érigés par les habitants de l'ile, les Rapa Nui, ont contribué à rendre le lieu mythique et ont suscité beaucoup de questions et de controverses sur la civilisation d'origine polynésienne qui s'est développée sur ce territoire de 25 km de long à partir du IV ème siècle. Après 2 semaines en mer, nous sommes frappés par l'odeur de la terre et la chaleur humide en parcourant la petite ville de 7000 habitants à l'ambiance très détendue entre les surfers leur planche sous le bras et les femmes coiffées de couronnes de fleurs. Le mouillage rouleur ne nous empêche pas de récupérer des nuits de quarts et c'est bien reposés que nous partons à la découverte de l'ile avec notre petite voiture de location. Samedi 27 avril, le vent tourne Nord et  nous contournons l'ile par l'Ouest pour gagner le mouillage d'Hanga Hotuiti  devant le monumental Ahu Tongariki et ses 15 imposantes statues. Nous y restons 4 nuits avant de rejoindre la côte Nord et la plage paradisiaque d'Anakena. Nous sommes depuis ce matin de retour devant la ville d'Hanga Roa et nous attendons que la houle faiblisse afin de pouvoir débarquer pour effectuer les formalités de sortie du Chili. Demain cap sur l'archipel des Gambiers, première escale polynésienne, à 1400 miles à l'Ouest !
Les photos sur notre page Facebook dès que la bande passante le permet!

jeudi 11 avril 2019

Ile Robinson Crusoé

Après presque un mois amarrés à l'agréable marina Estancilla près de la dynamique ville de Valdivia, nous sommes prêts pour appareiller pour la traversée du Pacifique!
480 milles nous séparent de notre première escale, l'île Robinson Crusoé dans l'archipel Juan Fernandez. Le vent portant variable de 15 à 35 nœuds pendant nos 3 jours de
navigation nous permet de tenir une bonne vitesse moyenne malgré la houle croisée assez inconfortable. Libertaire enregistre 186 milles en 24h le deuxième jour, plutôt
pas mal pour un voilier de 1975!
L'archipel Juan Fernandez regroupe 3 petites îles volcaniques découvertes au 16ème siècle par les espagnols. L'ile Robinson Crusoé en est la principale, c'est sur celle
ci que le naufragé Alexander Selkirk vécu pendant plus de 4 ans (1704-1709) et a inspiré Daniel Defoé pour son célèbre roman d'aventure.
La quasi totalité de l'île est classée parc national avec un écosystème unique de par sa variété de plantes endémiques.
Le 5 avril nous jetons l'ancre sous un beau ciel bleu pour le déjeuner devant le paisible village de San Juan Batista, seule localité de l'ile. Après les formalités
administratives d'usage , Nina et Diane sont ravies de se dégourdir les jambes au jardin d'enfant tout neuf! Une bonne partie du village a été détruite par le tsumani de
2010 et beaucoup d'infrastructures ont été récemment reconstruites tout en bois donnant un certain charme aux ruelles luxuriantes de ce petit village blotti au pied de
montagnes abruptes. Le point culminant de cette petite île volcanique, le Serro el Yunque culmine à 915 mètres! Nous sommes rejoins dans la nuit par nos amis des voiliers
Galadriel et Heart and Soul. Après une bonne nuit de sommeil malgré le mouillage un peu rouleur, nous randonnons jusqu'au mirador de Selkirk ; c'est de ce poste
d'observation que le naufragé guettait les bateaux à l'horizon. Après 2 heures de marche les filles ont la chance d'y découvrir un trésor rempli de pièces en chocolat ;-)
Le lendemain nous grimpons jusqu'à la crête de Salsipuedes avec une belle vue sur l'océan Pacifique et le Nord-Est de l'ile. Nous profitons encore 2 jours de cette belle
escale avec baignades dans une eau parfaitement claire et poissoneuse. Mardi 8 avril nous levons l'ancre et filons au Nord-Ouest pour aller chercher les Alizés et gagner
la mystérieuse île de Pâques... pour Pâques peut-être! 1800 miles nous attendent, à suivre!

mercredi 6 mars 2019

Ile de Chiloé

Nous passons quelques jours entre les petits ports de pêche de Puerto Aguirre et de Melinka à profiter du beau temps qui nous a manqué pendant notre remontée de la Patagonie Chilienne. La pêche est ici tournée vers la collecte de coquillages et surtout l’élevage de saumons à grande échelle. Les fermes de poissons sont partout et rendent certains mouillages inutilisables. Le Chili se place en effet au deuxième rang des producteurs mondiaux de saumon d’élevage, avec des conséquences environnementales notables comme l’utilisation massive d’antibiotiques. L’autre point qui nous frappe en retrouvant la civilisation est la présence de déchets plastiques et de cannettes de bière et soda sur tout le littoral... Le mercredi 12 février,nous quittons Melinka en fin de journée pour une traversée de nuit du golfe de Corcovado avec un beau coucher de soleil qui rosit le sommet de l’imposant volcan éponyme. Nous gagnons ainsi la grande île de Chiloé et mouillons dans le petit fjord champêtre de Pailad. Nous faisons rapidement connaissance avec une chaleureuse famille chilienne qui profite de sa résidence secondaire estivale avec leurs enfants et petits enfants. Nous avons la chance d’être conviés au "curanto" après le baptême d’un des enfants. Le curanto est une spécialité culinaire de Chiloé préparée dans un four creusé dans le sol dans lequel on fait cuir des crustacés, du poulet, de la viande de porc, des fruits et des légumes recouverts de feuilles de Nalca (sorte de rhubarbe) et de pangue (plante endémique)... copieux mais délicieux! Nous restons presque une semaine dans ce mouillage agréable entre promenade et baignade d’autant que nous sommes rejoints par le voilier français Tonga qui arrive du Pacifique avec deux copines à bord pour Nina et Diane. Nous poursuivons notre découverte de l’île en passant une nuit au port de pêche actif de Queilen puis mouillons pour deux nuits dans l’estero Ichuac de l’île Lemuy. Après une petite visite de la charmante église, nous partons à la cueillette des mûres et en revenons avec plus de 2 kg, c’est l’heure de faire des confitures! Chiloé abrite une soixantaine d'église en bois dont 16 sont classées au patrimoine mondial de l'Unesco, dont l'église San Francisco de Castro. Nous arrivons à Castro le 21 février, la capitale de l’île, bruyante, animée mais un peu trop touristique. La ville est bordée des typiques palafitos, maisons en bois construites sur pilotis dont beaucoup ont été rénovés en hôtels. Toujours sous le soleil nous arrivons ensuite à la petite île de Quehuy puis l’île Mechuque avec ses agréables sentiers où nous retrouvons les amis du Tonga le temps d’une soirée. Notre remontée vers le Nord se poursuit par le paisible mouillage de Linao afin d'attendre le courant favorable pour rejoindre la ville d’Ancud via le canal Chacao. Le 3 mars nous levons l’ancre pour rejoindre Valdivia où nous sommes actuellement pour un petit mois le temps de préparer la traversée du pacifique en attendant la visite des grands-parents !



dimanche 3 février 2019

Golfo de Penas

Le 20 janvier, nous quittons la caleta Moonligth Shadow à la tombée de la nuit et naviguons jusqu'au lendemain midi dans le canal Sarmiento et Pitt pour
relâcher à la Caleta Colibri avant que le vent de Nord ne se renforce. Les possibilités de débarquement étant très limitées à cause de la végétation très
dense nous n'y restons qu'une journée et préférons les caletas Refugio puis Lucrecia respectivement dans les canaux Wide puis Grapper, bien plus propices
aux ballades surtout quand le soleil parvient à briller toute une journée!
Nous arrivons au petit village de Puerto Eden le 26 janvier, cela fait un mois et demi que nous sommes coupés de la civilisation. Cependant, le retour est
très progressif puisque cette petite localité un peu triste au premier abord compte à peine une centaine d'habitants dont une grande partie sont des
pêcheurs et leurs familles. Puerto Eden détient le record mondial de précipitations annuelles... Ça vous donne une idée des conditions météo ici! Nous
repassons sous la barre des 50°Sud, Libertaire n'était pas remonté aussi Nord depuis presque deux ans! Nous repartons deux jours plus tard vers la caleta
Sabauda dans la canal Messier où nous restons une nuit avant de gagner la caleta Lamento del indio après 70 milles de navigation de nuit dans la pétole. La
fenêtre météo annoncée pour la traversée du Golfo de Penas est très favorable pour ce WE et même si nous sommes passés plus vite dans cette dernière partie
des canaux, on commence à avoir notre dose de pluie et la végétation tellement luxuriante rend les ballades moins sympathiques pour Nina et Diane. Nous
aurons ainsi plus de temps pour profiter de la grande et singulière île de Chiloe plus au Nord. Nous sommes actuellement en mer au large de la Péninsule de
Taito avec en arrière plan les sommets enneigés de la Cordillère des Andes. Un vent portant de 15 nœuds nous pousse tranquillement sur la houle ample du
Pacifique, le ciel bleu sans un nuage est prévu pour plusieurs jours suite à la position très Sud de l'anticyclone du Pacifique sud. Nous devrions arriver
dans la nuit.